Un peu d'histoire...
Grâce aux travaux de recherche de Monsieur René Hulot de la
FACS et de Mlle Richard
des Archives départementales du Morbihan, nous connaissons bien la
genèse et le développement de notre chemin de fer départemental.
Aperçu historique
Durant la deuxième
moitié du XIXè siècle, le chemin de fer va se développer en
Bretagne.
Partie
de Paris, la Compagnie des Chemins de fer de l'Ouest atteint
Rennes en 1857, Redon en 1862, Guingamp en 1863, Saint Malo en
1864, Brest en 1865 et Pontivy en 1872.
De son
côté, la Compagnie des Chemins de fer de Paris à Orléans dessert
dès 1862 Redon, Lorient et Quimper à partir de Nantes et dès 1864,
Pontivy.
En
1880, Freycinet autorisa les départements à s'équiper de chemins
de fer "économiques" à voie étroite, le plus souvent métrique.
C'est ainsi qu'aux alentours des années 1900, quatre compagnies
construisaient et géraient les chemins de fer des quatre
départements bretons et de Loire Inférieure, rattachée en partie à
la CM (Compagnie des chemins de fer d'intérêt local du Morbihan).
Avec des fortunes diverses, ces compagnies fonctionnèrent jusqu'à
la deuxième guerre mondiale qui vit la fin des chemins de fer
départementaux, amorcée avant guerre au profit de la route, et la
nationalisation des grandes compagnies par la création de la SNCF.
Chronologie
Le premier train officiel a parcouru le trajet
Locminé - Ploërmel le 1er septembre 1902.
Ce premier trajet a fait l'objet d'un article paru dans
Le
Nouvelliste le 4 septembre.
Le 14 septembre 1902, c'est au tour de Plouay d'être rejoint par
le rail. La première ligne était ainsi totalement opérationnelle.
| Ligne |
Trajet |
Ouverture |
Fermeture |
| 1 |
Locminé - Ploërmel |
01/09/1902 |
01/03/1939 |
| |
Locminé - Plouay |
14/09/1902 |
11/03/1947 |
| 2 |
Locminé - Vannes |
12/10/1902 |
11/03/1947 |
| |
Vannes - La Roche-Bernard |
15/03/1903 |
1947 |
| 3 |
Plouay - Lorient |
28/09/1902 |
11/03/1947 |
| 4 |
Plouay - Gourin |
23/09/1906 |
11/03/1947 |
| 5 |
Pontivy - Moulin Gilet |
11/05/1911 |
01/06/1939 |
| 6 |
Pontivy - Guémené sur Scorff |
15/10/1905 |
01/06/1939 |
| |
Guémené sur Scorff - Meslan |
01/03/1906 |
11/03/1947 |
| 7 |
Surzur - Port-Navalo |
27/07/1910 |
1947 |
| 8 |
La Trinité-Porhoët - Ploërmel |
05/10/1915 |
01/03/1939 |
| 9 |
Baud - Hennebont |
08/09/1921 |
01/06/1939 |
| |
Hennebont - Port-Louis |
05/09/1921 |
1934 |
|
Pour ce qui est de la ligne 10 (Etel - La
Trinité), son histoire est plus compliquée. Elle appartenait
jusqu'en 1934 à une compagnie indépendante, elle a été achetée à
cette période par la CM et aussitôt remplacée par une liaison
routière. L'âge d'or
Il se situe autour de
la première guerre mondiale. Le réseau est neuf, le réseau
routier, lui, est peu développé et surtout, l'automobile est une
rareté chère. Les paysans vont au marché en char à banc, comme au
siècle précédent. En 1917,
l'arrivée des soldats américains à Meucon va voir le trafic
s'intensifier pour le transport des troupes et leur
approvisionnement. Mais la guerre va accélérer le développement du
transport routier avec l'apparition et la généralisation de
l'utilisation des pneumatiques. Des particuliers ou des petites
entreprises vont pouvoir acheter les premiers cars et les
exploiter en complément ou en concurrence avec le chemin de fer.
Le déclin
L'inflation, les
nouvelles lois sociales, la vétusté du matériel vont rendre de
moins en moins rentable l'exploitation de chemin de fer. En 1930,
la compagnie se sépare de trois locomotives.
En juin 1931, elle achète des automotrices électriques pour
essayer de rentabiliser les lignes...
Cela va nécessiter d'équiper les gares de Locminé, La
Roche-Bernard et de Port-Navalo de postes de charge.
En 1934, la compagnie s'équipe de cinq automotrices
diésel-électrique Brissoneau et Lotz mais aussi de sept autobus
pour assurer le transport des passagers entre Vannes et La
Roche-Bernard, Ploërmel et la Trinité-Porhoët, Locminé, Baud et
Hennebont, La Tinité et Étel. Le chemin de fer se réduit de plus
en plus au transport de marchandises.
L'accident du 8 septembre 1938 à Radenac va augmenter le discrédit
du chemin de fer d'intérêt local.
En 1938, le Conseil Général décide la fermeture du chemin de fer.
Elle devra être totale le 1er janvier 1941. La guerre
va apporter un sursis à cette mort annoncée. Face à la pénurie de
carburant et aux besoins de l'armée allemande, une partie du
réseau va continuer de fonctionner pendant les hostilités.
La totalité du réseau cessera de fonctionner le 1er janvier 1948 à
l'exception de la portion de ligne entre Lochrist et Hennebont qui
continuera à assurer le service des forges.
Les traces du passé
Si dans les villes il reste des bâtiments de cette époque, ils
sont souvent difficiles à lire car les gares se sont transformées,
en campagne, petites et grandes gares subsistent et, depuis
quelques années, sont réhabilitées.
Les rails des petits chemins de fer ont disparu mais parfois les
voies, épargnées par les remembrements, sont devenues chemins de
randonnée.
La mémoire populaire des petits trains est encore vive et beaucoup
d'habitants des gares rurales se souviennent du trafic.
Nous avons rencontré plusieurs personnes qui, à leur manière, nous
ont parlé de l'époque du petit train.
Dans l'espace échange de ce site,
vous trouverez quelques reportages réalisés afin de collecter
cette mémoire.
De leur côté, les fabricants de cartes postales nous ont laissé
une abondante iconographie.
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